Japan Expo ou les rencontres du troisième type

Du 2 au 4 juillet se tenait au Parc des Expositions de Paris Nord-Villepinte, comme tous les ans, le premier « salon consacré à l’animation, au manga, aux jeux vidéos, à la musique, au cinéma, aux traditions et à la culture japonaises », plus couramment connu sous le nom de Japan Expo ou JE. Fidèle à son succès, elle n’a pas désempli cette année non plus et nous sommes très exactement 247 473 à en avoir franchi le seuil.
Il y a donc de fortes chances pour que toi, lecteur ou lectrice intéressé-e par cet article, tu connaisses de près ou de loin de quoi ce festival d’hommages à la culture nippone retourne. Si tu n’y es jamais allé-e, j’espère t’offrir un petit guide introductif qui te donnera envie de découvrir le lieu et crois-moi, ce qu’offre la Japan Expo déborde de loin le seul pays du Soleil levant. Si tu t’es déjà promené-e dans les allées bondées au cœur des halls 5 et 6, alors j’espère élargir tes connaissances et te donner quelques astuces pour les prochaines !

Dates-clefs

Un peu d’histoire d’abord, pour replacer dans le temps l’évolution d’un salon né avec le vingt-et-unième siècle.
1999 : La Japan Expo part d’un projet associatif de l’école de commerce ISC Paris et se tient dans un garage (un peu plus de 2000m2 tout de même). Elle est d’abord orientée sur les mangas et l’animation japonaise et se diversifie plus tard.
2007 : Le salon prend le visage professionnel qu’on lui connaît aujourd’hui, et reçoit plus de 81.000 visiteu-r-se-s.
2008 : Elle devient le premier salon 15-25 ans de France et le premier événement interculturel d’Europe. C’est aussi l’année du 150e anniversaire des relations franco-japonaises qui occupe une partie du salon. Il s’étend désormais sur 4 jours.
2009 : Japan Expo fête ses dix ans avec une première étape d’importance en s’exportant en province (année de la première édition de Japan Expo Sud).
2014 : Les quinze ans de Japan Expo. Pour l’occasion, les visiteur-se-s ont le droit à cinq journées de festival et à des événements spéciaux, dont la venue de Funassyi, cette adorable mascotte poire de la ville de Funabashi située dans le district de Chiba.

FunnassyiImage prise sur morfae.com

Paiement et passion
Festival d’abord largement tenu par des Français-e-s passionné-e-s pour d’autres fans, la Japan Expo a vu les professionnel-le-s, notamment japonais-e-s, venir grossir ses rangs année après année et s’indigner pour la plupart d’un certain manque de professionnalisme.
Il ne faut pas se leurrer, qui dit grand événement rassemblant des passionné-e-s dit aussi gigantesque marché potentiel, surtout dans une société capitaliste comme la nôtre, et dit également profits plus ou moins acceptables. Les problèmes qu’impliquent ce constat sont nombreux et bien mis en lumière par cet article d’une grande ancienne en ce qui concerne le salon, que je ne peux que vous encourager à lire. Je n’ai pas connu les premiers temps de la JE ; je compte donc plutôt partager avec vous mon expérience des dernières éditions.

Qu’est-ce que c’est, finalement, la Japan aujourd’hui? Petit guide du ou de la combattant-e

Avant même le festival lui-même, le RER B qui devient RER J pour l’occasion. Ou comment apprendre à résister à la chaleur en tentant de conserver sa bonne humeur, coincé entre un marteau géant et un sac d’un mètre sur deux.

20150704_154138Imaginez si vous vous retrouviez avec ce bonhomme dans la rame, par exemple.

Nous en venons donc rapidement au deuxième élément et non des moindres : du cosplay. Durant les premières éditions, des efforts avaient été réalisés en vue de favoriser les personnes cosplayées. Qu’ils soient pros ou amateurs, le niveau des costumés est parfois élevé, parfois non, mais il y a de quoi être admiratif de tant de travail. Certain-e-s viennent aussi simplement pour la joie du déguisement, sans que le thème Japan les limite. Les Jack Sparrow et autres Marvel côtoient personnages d’animes et de jeux vidéos en toute tranquillité.
Le salon offre ainsi tout un monde de possibles et d’imaginables, du vieillard en habits d’écolière au petit garçon qui arbore fièrement son masque de Naruto, en passant par des individus dénudés de toutes sortes (petit bonus pour le titan réalisé au body painting cette année) et d’autres qui doivent dégouliner sous leurs costumes de père noël ou de guerriers en armure.

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De la gentillesse. La JE offre aussi un espace où règne la bienveillance, la plupart du temps. Les sourires, les échanges culturels intéressants et les free hugs à foison ne dispensent cependant pas d’ouvrir les yeux, autant côté stand que côté visite : gare aux vols ou à la contrefaçon. Si la sympathie et l’ouverture aux autres sont bien présentes et créent autour de ce salon une aura positive, je ne connais aucun événement d’envergure sans aspects négatifs. En être averti-e et prendre ses précautions est donc essentiel pour passer le meilleur moment possible sur les tapis rouges, jaunes et bleus de Japan Expo.

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De la chaleur sous toutes ses formes. Beaucoup, partout, sur le chemin, dans la queue, dans le jardin intérieur, dans les couloirs du hall 5 vers le 6… si le besoin de fraîcheur se fait sentir, rendez-vous dans le fond du hall 5 pour participer aux activités culturelles et artistiques proposées (jeu de go, shogi ou échec japonais, e-tegami, origami, tambours japonais…) ou pour admirer la scène de cosplay amateur parmi une population dégrossie et sous le vent rafraîchissant de la climatisation. Les petits plus du japaneur : le déo, l’éventail souvent offert à n’importe quel stand sympathique et beaucoup, beaucoup d’eau achetée avant. Les prix sur place sont bien souvent supérieurs à ce que l’on peut trouver en dehors des murs du parc des expositions.

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Des artistes, un peu partout, souvent discrets, parfois vraiment intéressant-e-s et d’autres fois un peu factices. Là encore, il faut savoir se pencher dessus, observer, réfléchir et faire le tri ! Je ne peux pas m’empêcher de faire un peu de publicité à l’association Pigments et Arts du monde, qui contribue à faire partager à tous l’art de l’origami, celui du e-tegami (cf. les trois photographies ci-dessus) et de la peinture nihonga, en plus de nous avoir livré cette année une belle démonstration d’estampe.

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De la nourriture japonaise. Avec le prix bien sûr, mais c’est l’occasion de découvrir des boutiques et de se faire plaisir. Il faut toutefois être conscient-e que les prix sont plus élevés qu’en magasin et, si cela vous intéresse vraiment, qu’il existe un festival dédié à Paris depuis deux ans, intitulé C’est bon le Japon. Il se tient fin juin. A bon entendeur gourmand…

Des stands de tout et n’importe quoi. On trouve pêle-mêle vêtements, costumes, produits dérivés de toutes sortes, vaisselle, katana, figurines ou encore CDs, manga et DVDs. Cette liste est bien entendu non exhaustive et donne un aperçu de l’étendue de l’offre commerciale proposée. Si vous avez pris un ticket un jour, préparez-vous psychologiquement à ne pas pouvoir tout voir dans le temps qui vous est imparti. Faire le tri entre tout ce qui est mis à la vente, le bon et le mauvais, l’authentique et le toc, prend un temps fou : il s’agit là d’un des regrets à émettre. Pour autant, année après année, l’organisation se modifie ; on peut donc espérer encore des progrès de ce côté, amorcés notamment par l’engagement de la Japan Expo affiché cette année envers la contrefaçon.

20150703_130046Il y a même des lamas.

Des concerts. À chacun de se renseigner selon ses goûts car, du pop au rock en passant par le visual kei, la JE essaie de couvrir un large champ à hauteur de ses moyens. Il n’est pas toujours simple de faire venir des artistes japonais-e-s chez nous. Pour autant, Nana Kitade, les Vamps, les Morning Musume, Perfume et bien d’autres ont déjà foulé les scènes du festival pour le plus grand bonheur des fans.

Des événements. Séances de dédicace, spectacles musicaux ou théâtraux, acrobaties de Kumamon et autres mascottes, création en direct d’une sculpture de Shingeki no kyoujin, le manga de l’année, ou encore personnalisation d’une voiture ou d’une moto… si vous ne l’avez pas encore compris, la Japan Expo est un véritable foisonnement hétéroclite, qui accorde également une place aux personnalités du web francophone.

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Pour finir, la Japan Expo c’est d’abord amusez-vous, ouvrez grand les yeux et les oreilles, gardez la pêche et n’hésitez pas à taper la discute avec tout un chacun pour plonger dans le formidable partage de la passion japonaise, et ce sans jamais oublier que la taille exponentielle du salon implique patience et œil avisé. Il ne faut pas se leurrer, la Japan expo est un marathon de joie, mais un marathon tout de même.

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A l’année prochaine pour la JE 2016, peut-être!

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2 réflexions sur “Japan Expo ou les rencontres du troisième type

  1. Ah la Japan Expo ! J’y suis aller pour la première fois il y’a deux ans. Mon souvenir le plus mémorable ? Les 1h30 que j’ai attendu avant de pouvoir monter dans le metro lol. Mise a part ça, c’est un super salon je trouve !

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  2. Très bon article, outre la rédaction agréable et fluide, j’apprécie tout particulièrement son objectivité. On ressent bien ton enthousiasme à la visite de l’évènement sans perdre ton esprit critique et affuté. Tu donnes des clefs pour comprendre ce qui s’y passe et se préparer à se « marathon » de façon efficace ! Bravo 🙂

    Mais comme je suis une veille grinceuse, je me permet quelques remarques générales :
    – la mise en page de tes photos mériterait d’être plus… enfin mieux quoi ^_^. Je te conseille de les mettre en plus grand, si tu les centres, sinon, de les inclures sur les bords du texte. La légende doit être plus courte que la largeur de la photo, et c’est mieux si tu utilises une taille de police plus réduite, pour indiquer que c’est une légende.
    – remplis la page « à propos » avec une courte description et quelque info les collaborateurs ou simplement le fait que c’est un blog collaboratif.
    – ajoute une mention pour les droits d’auteurs, c’est vraiment important.
    – un onglet archive ou un lien vers les archives, ainsi qu’un système de libellés serait un plus

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