3 raisons de lire Bonjour tristesse plutôt que…

…la saga Harry Potter – encore. (je sais que c’est une valeur sûre, mais ensemble nous pouvons sortir de nos zones de confort !)

Bonjour gentil-le gente ! Dans cette nouvelle rubrique, je vais te faire des propositions de lecture. Je dirais même plus : de lecture de classiques. Je dirais même plus : de lecture de classiques d’auteurES. J’espère que l’idée t’enthousiasme autant que moi !

 

Bonjour Tristesse, le premier roman de Françoise Sagan raconte l’été de Cécile, 17 ans, et de son père Raymond dans une belle location sur la côte d’Azur. Si partir en vacances tout l’été avec son père pourrait désespérer plus d’une fille de 17 ans, Cécile au contraire s’en réjouit. Il faut dire qu’elle a une relation très fusionnelle avec celui-ci car malgré la différence d’âge, l’un comme l’autre rencontrent les mêmes difficultés à sortir de l’enfance. Mais quand Anne, une amie de Raymond, débarque, l’insouciance commence soudainement à avoir un prix.

Je comprends bien que tu veuilles absolument lire la version néerlandaise d’Harry Potter pour comprendre toutes les finesses de la traduction (tout mon respect à toi Wiebe Buddingh’). Mais voici 3 raisons de repousser un peu ces réjouissances au profit d’autres :

  1. Le titre: « Bonjour Tristesse », je l’associais avant à un des rares humains qui réussit à hurler tout en disant des choses souvent censées…

…et à un tag très connu du quartier de Kreuzberg à Berlin :

File:Berlin schlesische-str-7 bonjour-tristesse detail 20050224 p1010030.jpg

architecte : Alvaro Siza, graffeur : inconnu, photo : Georg Slickers

 

Le fait que ces deux mots aient été tant repris les rendent encore plus fascinants. Ne faut-il pas que le livre derrière ce titre soit un réel chef-d’œuvre pour avoir pu inspirer une personne inspirante et le street art de mon quartier préféré berlinois ?

  1. L’été: Ce livre fait vivre l’été avec une force inouïe. Sans même devoir user de longues descriptions, Françoise Sagan réussit comme personne à faire sentir la lumière blanche écrasante, la chaleur, la suavité, la lenteur d’une manière tellement vraie qu’on a l’impression d’y être. Une expérience sensorielle qu’aucun livre avant ne m’avait fait vivre aussi fort.
https://lebosquetdesgensgentils.files.wordpress.com/2016/04/664c0-lorenzo2bmattotti-www-kaifineart-com-10.png

Lorenzo Mattotti

  1. La difficulté de grandir: 17 ans, c’est l’âge réel et ressenti de Cécile mais aussi l’âge non-réel mais ressenti de son père. Tous deux affrontent le même paradoxe, celui de vouloir les choses d’adulte sans vouloir pour autant abandonner un peu de leur insouciance enfantine au change. Françoise Sagan décrit parfaitement cette période de transition, une analyse d’autant plus impressionnante qu’elle-même n’est pas très éloignée de ses 17 ans quand elle écrit ce livre (elle en a alors 19).

Plutôt qu’offrir Harry Potter à quelqu’un-e qui en aurait été privée pendant son enfance à cause d’une éducation chrétienne, offre plutôt ce livre à : un-e ami-e qui a 17 ans (réels ou ressentis) ou un-e ami-e qui aimerait que la vie se résume à un été éternel sur la plage.

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