La beauté de l’Histoire, ce titre ironique

Aujourd’hui dans les Chroniques estoniennes, on va parler du livre La beauté de l’histoire, ou Ajaloo ilu en V.O., un livre de l’autrice Viivi Luik. Un titre ironique, considérant l’absence totale de chance des Estonien-nes en termes d’histoire nationale, et l’époque à laquelle se déroule le livre : j’avoue que j’ai du mal à voir la beauté du régime soviétique.

ajaloo-ilu

Quand on lit la quatrième de couverture, l’histoire semble simple. En 1968, une femme estonienne, dont on ne connaît pas le nom, se rend à Riga afin de poser pour Lion, un sculpteur juif et letton ; iels tombent en amour, tandis que le Printemps de Prague est réprimé par l’Armée rouge. Une histoire d’amour sur fond d’événements historiques tragiques, ça semble être un lieu commun, ou du moins un thème vu et revu dans la littérature européenne. Mais ce livre a bien plus à offrir qu’une série de clichés.

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Chroniques estoniennes : The Fencer

Depuis que j’ai décidé de passer mon année Erasmus en Estonie, une question revient tout le temps, dans la bouche des Français-es comme dans celle des Estonien-nes : pourquoi ce pays-là ? C’est vrai que ça peut paraître surprenant : pourquoi choisir de passer un an dans un pays qui compte 1.3 millions d’habitant-es, dont la langue est une des plus difficile à apprendre pour un-e francophone, et où, certes, il y a un été, mais en général on travaille ce jour-là ?

Le but de cette rubrique va donc être de vous expliquer pourquoi j’ai choisi, en toute connaissance de cause, de passer un an dans un pays où je suis forcée de porter une doudoune.

Et on va surtout y parler culture, parce que c’est en grande partie pour ça que je suis partie en Estonie. C’est ça qui m’y intéresse, et qui m’étonne chaque jour ici : le nombre de productions culturelles, films, livres pièces de théâtre… qu’un si petit pays est capable de créer. La richesse culturelle de l’Estonie est tout bonnement incroyable, c’est un pays immensément intéressant, et je vais tenter de vous en convaincre même si j’ai déjà du mal à en convaincre les Estonien-nes de mon âge.

Et on commence tout de suite avec un film récent, nominé aux Golden Globes, sur la liste finlandaise pour les Oscars, et vainqueur du prix du public au Festival du film d’Arras, en 2015.

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« In Every Port in the World, at least Two Estonians Can Be Found » (Ernest Hemingway)

Du peu que j’aie pu voir jusqu’à présent, la nature tient une place importante dans la culture estonienne. La forêt surtout est centrale ; mais Tallinn, en bord de mer Baltique, me semble très tournée vers la mer. Et c’est autour de cette importance de la mer, et de la nécessité de la préserver, qu’a été construite la célébration à laquelle j’ai participé lors du premier week-end de mon arrivée. Du moins, c’est ainsi qu’on me l’a présenté.

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L’Estonie et sa Révolution chantante

Donc je suis en Estonie depuis maintenant trois semaines, et pour approximativement un an.

C’est le petit point rouge, là.

Je connaissais un peu l’histoire de l’Estonie, la succession d’occupations que ses habitant-es ont dû subir au fil du temps, et en particulier l’occupation soviétique. Grâce au très beau (et très conceptuel) film Crosswind, sorti notamment en France au début de l’année 2015, j’avais aussi réalisé l’ampleur des déportations des Estonien-nes pendant l’époque stalinienne, et la douleur qui a pu être ressentie à ce moment-là. Mais à moins d’avoir un intérêt particulier pour les pays baltes, il est rare que leur histoire dépasse les quelques mots sur la chaîne humaine entre Vilnius et Tallinn dans les livres d’histoire.

Les Estonien-nes sont semble-t-il assez conscient-es de cette absence généralisée de connaissances sur leur pays (la première question qu’on me pose quand je rencontre quelqu’un ici est « Pourquoi avoir choisi l’Estonie O.o ? »), et c’est pour cela que l’association Erasmus de Tallinn, ESN Tallinn, a consacré sa première projection cinématographique à un documentaire qui nous en dit un peu plus : The Singing Revolution.

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